Approche

L’approche classique d’alphabétisation fonctionnelle

L’approche Reflect

Quelques stratégies de pérennisation des acquis des projets

L'approche classique d'alphabétisation professionnelle:

 

Cette approche est utilisée dans la plupart des pays en développement de l’Afrique de l’Ouest. Elle a permit l’ouverture et le fonctionnement des centres d’alphabétisation ou d’éducations communautaires au sein des villages. Ces différents centres sont animés par des animateurs endogènes choisis par les communautés sur des critères pertinents et formés et encadrés par le personnel des structures partenaires. Cette approche met l’accent particulier sur l’utilisation des manuels et autres supports didactiques par les apprenants des centres d’alphabétisation.

 

L'approche Reflect :

 

Reflect introduit en 1993 par ACTIONAID à travers des projets pilotes en Ouganda, El Salvador, et au Bangladesh, est une approche participative de développement communautaire qui prend en compte l´alphabétisation fonctionnelle intégrée et qui combine la théorie de Paulo Freire et la pratique des techniques MARP (Méthode Active de Recherche Participative). Avec Reflect, les acteurs participants des cercles Reflect sont au centre du développement de leurs connaissances instrumentales et de leurs compétences techniques. 

L’idée principale d’un programme Reflect est qu’on n’a pas besoin de livrets pour les apprenants. Le seul matériel pré imprimé est le guide du facilitateur. Chaque cercle Reflect développe son propre matériel didactique par la construction des cartes, des matrices, des calendriers et des diagrammes qui représentent la réalité locale, systématisent les connaissances des participants et encouragent une analyse détaillée des problèmes locaux.

Les graphiques, stimulant la discussion, forment aussi la base pour l'introduction de la lecture et de l’écriture. Suite à la construction au sol, les graphiques sont transférés sur une grande feuille de papier en utilisant de simples dessins. Des mots sont ensuite introduits, initialement comme des étiquettes supplémentaires aux symboles, mais plus tard comme des commentaires. En même temps, les graphiques offrent beaucoup de possibilités pour des exercices de calcul affiliés. Les mathématiques sont souvent négligées dans les programmes d’alphabétisation, tandis qu’elles peuvent être d’une valeur pratique très importante pour les participants. Reflect, dans ce cadre participatif, peut être adapté aux besoins concrets des participants plus facilement.

Reflect est un cadre approprié pour un développement local endogène car il établit le lien entre l’alphabétisation et les autres activités des partcipants. Les cercles Reflect peuvent se révéler être des catalyseurs pour un processus de changement plus étendu et durable et surtout elle met en lien l’alphabétisation au développement.

 

Quelques stratégies de pérennisation des acquis des projets 

DVV International en collaboration avec les ONG, les réseaux et les structures techniques déconcentrées de l’Etat soutient des stratégies novatrices de pérennisation des acquis des projets soutenus à la base.

1. La valorisation des  ressources humaines locales

Cette valorisation des ressources humaines locales constitue un levier  pour contribuer à la pérennisation des actions d’alphabétisation et d’éducation non formelle "ENF". Elle part du choix et de la formation de personnes ressources endogènes  identifiées par des critères bien définis. Ces personnes sont chargées de l’animation des séances d’éducation et d’alphabétisation dans les villages qui abritent les centres ou les cercles Reflect. Communément appelés alphabétiseurs ou facilitateurs selon l’approche utilisée, ils   résident dans les villages et connaissent les réalités socioculturelles du milieu qui jouent un rôle non négligeable pour la réussite du programme. 

2. La mise en place de comités de gestions 

Le comité de gestion  est une  structure locale qui se situe au niveau du district ou du quartier qui coordonne  l'ensemble des activités d'éducation non formelle "ENF" et d’alphabétisation. Le comité de gestion a pour mission de réaliser les diagnostics nécessaires pour lééducation non formelle "ENF" au sein de la localité avec l’appui d’une personne ressource physique ou morale (i), de contribuer au choix de l’opérateur et à la planification des actions du projet (ii), d’ assurer l’ouverture, le suivi pour le bon fonctionnement des centres  en collaboration avec les animateurs, les membres de l’association et des responsables des organisations paysannes (iii), de contribuer à la gestion des  relations partenariales entre les bénéficiaires  et les autres acteurs  et partenaires du programme (iv), de contribuer à  la poursuite des actions et à la gestion des AGR (v), de contribuer à la recherche des partenaires financiers et à la gestion des cadres de concertation communautaire, etc.

3. La mise en place  d’associations d’animateurs   communautaires

L’association des animateurs communautaires est un ensemble de personnes morales ou physiques qui œuvrent pour la promotion de l’éducation non formelle et l’alphabétisation dans une zone donnée. L’opérateur transfert ses rôles et ses responsabilités par le biais d’informations, de formations et d’appui–conseils aux membres de l’association. Ainsi, avec l’appui technique de l’opérateur, l’association  joue le rôle de structure locale de relais dotée de connaissances et de compétences techniques et opérationnelles permettant de mener à bien les actions d’éducation et d’alphabétisation au profit des communautés locales après le retrait de l’ONG.

4. Le soutien aux  activités génératrices de revenues "AGR" 

Les activités génératrices de revenus ou micros projets villageois présentent  d’innombrables avantages économiques, techniques, pédagogiques et socioculturels aux néo–alphabètes. Ils constituent un facteur important d’autonomisation des populations et de perénnisation des activités qu’elles mènent. Au niveau des communautés à la base, il existe plusieurs types d’activités génératrices de revenu tels que le moulin, le maraîchage, le petit commerce, la transformation et la vente des produits agro-alimentaires, les boutiques villageoises, les boulangeries communautaires, l’extraction de l’huile de palme et du beurre de karité surtout par les femmes du monde rural etc.

Ainsi,  nous pouvons dire que l’activité génératrice de revenus met en lien le savoir, le  pouvoir et l’avoir.

5. Promouvoir l’environnement lettré 

 La mise en place d’un mécanisme local valorise la pérennisation des acquis des néo-alphabètes. Ce mécanisme prend en compte, la création et le développement des  foyers (i) ,la mise en place des bibliothèques villageoises (ii),la création des clubs de correspondances (iii), la mise en place des groupes d’écoute et d’interprétations collectives (iv), des équipes éditoriales du journal de néo-alphabètes (v), les affiches publicitaires (vi), la confection les plaques de signalisation (vii), la diffusion des émissions éducatives par les radios communautaires, la formation des néo-alphabètes et ou les causeries éducatives autour des thèmes d’actualité (viii), l’introduction du français fondamental  au processus d’apprentissage des néo-alphabètes membres des organisations paysannes (ix) etc.

6. La mise  en  place un système participatif de suivi-évaluation

La mise en place d’un système participatif de suivi et d’évaluation des résultats, des effets et impacts de l’alphabétisation et des  formations thématiques  à travers une démarche participative et des outils simples et utilisables par l’ensemble des acteurs et partenaires du programme permettra non seulement aux bénéficiaires, mais aussi aux agents d’appui accompagnement et aux partenaires techniques et financiers d’identifier et d’analyser les forces et les faiblesses du programme (i), de formuler des recommandations consensuelles pour surmonter les difficultés rencontrées (ii), d’observer de façon objective les effets et les impacts de leur intervention (iii). La maîtrise de ce système basé sur une démarche et des outils  participatifs favorise l’implication, la participation et l’appropriation du programme par les communautés locales.