Atelier de capitalisation du projet PASSIP : des acquis significatifs pour la restauration des terres et le développement communautaire dans les régions de Koulikoro et Dioïla.

Le 22 mai 2026, le Centre Cheick Oumar Bathily de Koulikoro a accueilli l'atelier de capitalisation du projet « Services environnementaux générateurs de revenus dans les bassins versants pour la protection des petits systèmes d'irrigation » (PASSIP), financé par la GIZ et mis en œuvre par DVV International en partenariat avec l'ex-Agence de Développement Régional (ADR) de Koulikoro.

Cette rencontre a réuni une trentaine d'acteurs issus des services techniques, des collectivités territoriales, des cercles REFLECT, des communautés bénéficiaires ainsi que des représentants de DVV International. L'objectif était de partager les expériences, les résultats obtenus et les enseignements tirés de la mise en œuvre du projet dans les communes de Bossofala, Dio-Gare et Kémé-Kafo.

Une approche participative au service de la restauration environnementale

L'atelier a permis de revenir sur les principales étapes de mise en œuvre du projet, notamment l'identification participative des défis environnementaux dans les bassins versants, le diagnostic communautaire et la priorisation de treize mesures environnementales adaptées aux réalités locales.

Grâce à l'approche REFLECT, les communautés ont été placées au cœur du processus de développement. Les bénéficiaires ont renforcé leurs connaissances sur les techniques de restauration des terres, le changement climatique, les pratiques agricoles durables et la gestion des ressources naturelles. Cette dynamique a favorisé une forte implication des populations, notamment des femmes, dans les activités de travaux à haute intensité de main-d'œuvre (HIMO) et les initiatives de protection de l'environnement.

Des résultats concrets sur le terrain

Les échanges ont mis en évidence des avancées importantes enregistrées au cours du projet :

  • La récupération et la restauration de terres dégradées dans les bassins versants ;
  • L'aménagement de périmètres maraîchers favorisant les petits systèmes d'irrigation ;
  • Le renforcement des capacités techniques des communautés bénéficiaires ;
  • L'intégration des mesures de protection de l'environnement dans les activités génératrices de revenus ;
  • Une meilleure appropriation des enjeux environnementaux par les populations locales.

Les participants ont également souligné les effets positifs du projet sur la cohésion sociale, le travail collectif et l'entraide communautaire. Dans plusieurs villages, les populations ont constaté une réduction significative de la coupe abusive du bois grâce aux nouvelles opportunités économiques développées dans le cadre du projet.

Une amélioration notable des productions agricoles et maraîchères

Les résultats présentés lors de l'atelier montrent une progression encourageante des rendements agricoles et maraîchers. Les productions de maïs, riz, arachide, haricot et patate douce ont enregistré des hausses significatives grâce à l'application des techniques apprises et à la restauration des terres agricoles.

Dans les périmètres maraîchers, les cultures de concombre, tomate et poivron ont également connu une amélioration importante des rendements. Ces résultats démontrent que les actions de restauration environnementale, associées au renforcement des capacités des producteurs, contribuent directement à l'amélioration de la sécurité alimentaire et des revenus des ménages.

Des défis à relever pour consolider les acquis

Malgré les succès enregistrés, les participants ont identifié plusieurs défis à prendre en compte pour les futures interventions. Parmi ceux-ci figurent la faible maîtrise de certaines techniques maraîchères, l'insuffisance des infrastructures hydrauliques, le tarissement précoce des points d'eau et le besoin d'un accompagnement technique plus soutenu des communautés.

Les acteurs ont également souligné la nécessité d'améliorer la coordination entre les différents services techniques et de renforcer les mécanismes locaux de suivi afin d'assurer la pérennisation des acquis.

Des recommandations pour l'avenir

À l'issue des travaux, les participants ont formulé plusieurs recommandations, notamment :

  • L'organisation des cercles REFLECT en coopératives ou organisations paysannes ;
  • Le renforcement du suivi technique des communautés par les services locaux ;
  • L'intégration des acquis du projet dans les plans de développement des communes ;
  • La réalisation d'infrastructures hydrauliques adaptées, notamment des forages, des puits à grand diamètre équipés de systèmes de pompage solaire et des ouvrages de retenue d'eau ;
  • L'extension du projet à d'autres communes et villages des régions de Koulikoro et Dioïla.

Une expérience saluée par l'ensemble des acteurs

Les participants ont unanimement salué les résultats obtenus par le projet PASSIP en un temps relativement court. Ils ont particulièrement apprécié l'innovation apportée par l'approche REFLECT, la forte participation des femmes aux actions de développement local ainsi que les impacts observés sur l'environnement, les productions agricoles et la cohésion sociale.

Cette expérience démontre qu'une approche intégrée associant restauration environnementale, renforcement des capacités et participation communautaire constitue une réponse efficace aux défis de la dégradation des terres, de la sécurité alimentaire et de la résilience climatique dans les territoires ruraux du Mali.